Quelle année étrange… Franchement, c’est la première chose qui m’est venue en pensant à ma lettre de vœux. Étrange, mais surtout lourde. Une personne qui a été un vrai soutien pour So Buzzy et pour moi nous a quittés, emportée par la leucémie. Ça laisse des traces. Et puis, côté boulot, 2025 n’a pas été facile non plus.
On sentait partout la pression économique. Une tension constante qui pesait sur chaque journée. Après presque vingt ans dans la pub, je pensais avoir tout vu… mais cette année m’a vraiment surpris. Participer à un pitch public ? Il y avait quinze, voire vingt agences en compétition, là où avant il y en avait quatre ou cinq.
On a quand même de la chance chez So Buzzy. Beaucoup d’agences ont dû licencier cette année, malheureusement ce n’est pas nouveau. Mais l’ampleur de cette crise… c’était autre chose. J’ai vu de grandes agences participer à des pitches qu’elles auraient ignorés avant.
Alors oui, on a eu la chance de ne pas avoir à prendre de décisions difficiles cette année. Mais ce n’est pas un hasard. On a bossé dur, on a saisi toutes les chances, on a appris, on a toujours cherché à se dépasser. Et ça a payé ! Nous avons remporté de beaux projets pour Toerisme Vlaanderen, BE.DIGITAL.FLANDERS, Florida Grapefruit ou encore Agentschap Integratie en Inburgering. Notre travail a été récompensé aux IAB Mixx Awards pour Cera, nous figurons sur un Effie pour Carrefour, et nous avons eu la chance de nous rendre à Amsterdam pour les TikTok Benelux Ad Awards avec notre projet « Oedoededa ? » pour VDAB. En plus de cela, nous avons également contribué au lancement du Certificat Influencer en Belgique. Oui, on bosse dur, mais quand il faut célébrer, on sait aussi le faire. C’est comme ça que ça doit être, non ?
Pas de liste de souhaits pour 2026, mais un plaidoyer
Cette année, je ne fais pas de liste de souhaits. Cette année, je choisis de lancer un plaidoyer. Pas juste pour So Buzzy, mais pour toutes les agences belges. Pour leur donner du courage. Parce que même si parfois on a l’impression d’être seul… vous n’êtes pas seuls, nous faisons tous face aux mêmes difficultés.
1. Aux organisateurs de pitches
Vous organisez un pitch ? Prenez conscience du nombre d’heures nécessaires pour s’y préparer, dans un contexte où les chances de gagner diminuent à mesure que le nombre de participants augmente.
Sachez aussi que ces heures ne sont généralement pas rémunérées (malgré un pitch charter qui milite pour le contraire). Travaillez donc avec une pré-sélection claire : ne demandez qu’aux trois ou cinq meilleurs de produire un plan complet. Et soyez transparents sur ce que vous attendez. Si le but est simplement de choisir le prix le plus bas, ne demandez pas un plan complet : sa qualité n’a alors que peu d’importance.
Pour les pitches portant sur des projets importants, une rémunération devrait être la norme. Il n’est pas logique d’attendre gratuitement des dizaines, voire plus d’une centaine d’heures de travail stratégique et créatif. Ne demandez pas non plus des parcours stratégiques complets pendant la phase de pitch : la stratégie n’est pas un exercice gratuit, c’est une expertise.
Enfin, soyez réalistes quant aux délais. Un pitch à rendre en une ou deux semaines ne pourra jamais atteindre la qualité que vous espérez.
2. Aux annonceurs
Nous savons que les budgets sont serrés et que la réalité économique concerne tout le monde. Mais n’attendez pas des agences qu’elles fassent des miracles avec moins.
Travaillons ensemble pour faire les bons choix et établir les priorités. De notre côté, nous nous efforçons de tirer le meilleur parti de chaque euro : revoir les méthodes de travail, réutiliser le contenu et rendre la production plus efficace.
Mais cela ne fonctionne vraiment que si la transparence est réelle. Informez-nous rapidement de tout changement de budget, prenez en compte le temps nécessaire pour réunions, rapports et retours. Et surtout, donnez des retours clairs et consolidés : c’est ce qui permet de travailler efficacement, sans perdre d’énergie inutilement.
3. Aux agences
Ne bradons pas notre savoir-faire. Proposer des tarifs trop bas pour décrocher un pitch, c’est perdre à tous les coups. Même celui qui est sélectionné n’y gagne pas : financièrement, en énergie, et au final, c’est toute la profession qui en souffre.
Cette année, on nous a demandé de consacrer une heure chaque semaine à une réunion de 30 minutes… alors que le trajet prenait deux heures. On a proposé une solution plus raisonnable, et on n’a pas gagné le pitch. Et franchement, c’est très bien comme ça. Savoir dire non face à des attentes irréalistes, parfois, c’est la vraie victoire. C’est une leçon que je veux continuer à appliquer en 2026.
En route pour 2026
Nous sommes tous dans le même bateau. Parfois, on a l’impression de lutter seul, mais ce n’est pas le cas. Entrons en 2026 avec plus de compréhension, davantage de respect pour le travail de chacun, et surtout : avec la fierté de continuer à construire, jour après jour, même dans les moments difficiles.

